En 1996, dans un supermarché de Fort-de-France, j'ai acheté un pot de yaourt dont la date limite tombait plusieurs semaines après celle du même pot à Paris. Même marque, même recette, même usine en métropole. Seule différence : la traversée. Pour que le produit arrive vendable après des jours de mer, la date avait été repoussée, et personne ne s'en étonnait. Il a fallu attendre 2013 pour qu'une loi précise qu'un yaourt n'a aucune raison de vieillir plus lentement sous les tropiques.
Ce pot de yaourt m'a appris à lire une île. Ce que je raconte ici, je l'ai vu en volontaire au CIRAD, entre deux tournées dans les bananeraies, en logeant chez ceux qui faisaient tourner l'économie martiniquaise.
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